mardi 14 octobre 2014

Leçon 12 : Le mystère du NOM Divin



Le plus grand mystère qui entoure les textes bibliques et la tradition judéo-chrétienne concerne LE NOM de Dieu. Sacré, imprononçable, tabou, LE NOM nous semble secret, impossible à atteindre et pourtant une lecture attentive des textes nous livre la clé du mystère, le "secret" est un secret ouvert.

Si l'on recherche le mot "NOM" dans l'Ancien et le Nouveau Testament on le trouve à de très nombreuses reprises:

"Mais le Seigneur lui dit: Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d'Israël"



"Simon a raconté comment Dieu a d'abord jeté les regards sur les nations pour choisir du milieu d'elles un peuple qui portât son nom"

Dans le langage courant, que signifie "Porter le nom de quelqu'un"? Nous portons en général le nom de notre Père. Le nom c'est la marque d'une filiation biologique. Lorsque nous nous présentons, nous le faisons en général en prononçant notre nom de famille. Mais en fait, à quelle famille appartenons nous vraiment?

"quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère"

En fait il en est du "nom de Dieu" comme du Graal, notre recherche nous conduit très loin à travers des épreuves et des pérégrinations et au terme du voyage nous rentrons chez nous pour découvrir que l'objet de notre recherche a de tous temps été là, à portée de main...

Qu'y a t'il de plus intime que notre nom? C'est la définition même de notre identité. C'est par lui que nous nous reconnaissons, c'est pas lui que nous sommes appelés. Porter le nom de Dieu c'est donc clairement reconnaître que nous sommes des descendants de Dieu.

Cela n'est pas un argument pour alimenter et faire enfler notre "Ego" humain. Notre nom humain n'est que notre identité illusoire. Trop de gens pensent avoir réglé le problème lorsqu'ils disent "Je suis Dieu" ou "Nous sommes tous des Dieux". C'est une platitude et un contresens dangereux. Une platitude parce que ça ne change rien à la vie de ces personnes et un contresens dangereux parce que c'est une voie sans issue qui ferme la porte à la véritable pratique du nom Divin.

"Dieu" n'est pas un nom. "Jésus Christ" n'est pas un nom...Répéter le nom de "Dieu" ou de "Jésus Christ" n'avance pas à grand chose. Les Pères du déserts l'ont prouvé en se réfugiant dans la solitude, en se mortifiant, en essayant de renier la chair, en s'accusant de tous les péchés sans faire beaucoup avancer les choses.

"Seigneur Jésus, aie pitié de moi pécheur!"... 

C'est la roue du hamster...Le Principe Suprème ne nous a pas créés pour porter son nom afin que nous passions notre vie dans le désert et dans la pénitence à répéter une phrase comme des perroquets. Ce dieu là est le Dieu de la mort, pas le Dieu de la vie Eternelle.

Que pense le "Dieu de la vie éternelle" de nos pratiques religieuses?

"Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs.
Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis?
Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités.
Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter.
Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas"

Peut-on être plus clair que cela? Ces paroles ont été délivrées au prophète Esaï qui aurait vécu au VIIIème siècle avant Jésus-Christ. En avons nous tiré les leçons? Les responsables religieux chargés de transmettre l’enseignement du Nom de Dieu ont ils vraiment compris ce texte qui est sans ambiguïté?

La colère de Dieu (s’il y a vraiment une colère de dieu) concerne un seul péché :

« Cieux, écoutez! terre, prête l'oreille! Car l'Éternel parle. J'ai nourri et élevé des enfants, Mais ils se sont révoltés contre moi.
Le boeuf connaît son possesseur, Et l'âne la crèche de son maître: Israël ne connaît rien, Mon peuple n'a point d’intelligence. »

A nouveau il faut faire appel aux textes pour rendre aux mots leur véritable « esprit ». Lorsque nous lisons « Israël ne reconnaît rien » nous devons nous demander ce que signifie en fait le nom « Israël ».

Ce nom apparaît pour la première fois dans la Bible pour désigner le nouveau nom de Jacob, fils d'Isaac et petit-fils d'Abraham, au moment où il traverse le gué de Yabboq (Genèse 32, 22-29) et s'y bat avec un ange qui lui dit : « Jacob ne sera plus désormais ton nom, mais bien Israël; car tu as jouté ( כִּי־שָׂרִית ) contre des puissances célestes et humaines et tu es resté fort. »

Jacob (Israël) a 12 fils qui sont à l'origine des douze tribus d'Israël et une fille (Dinah).
Ce mot désigne ensuite les Enfants d'Israël formant le peuple d'Israël, considéré dans la Bible comme le peuple élu pour porter et faire vivre la parole de Dieu.

Le « peuple élu » n’a rien à voir avec un peuple limité. Tout être qui comme Jacob face à l’ange est capable de vaincre les puissances "célestes" et "humaines" est élu. En fait, il est auto-élu puisqu’il a réalisé sa véritable Identité contre toutes les illusions qui tentent de lui faire croire qu’il existe des pouvoirs extérieurs (humains ou même célestes).

Il y n’y a qu’un pouvoir au nom duquel l’action est possible, c’est le pouvoir d’agir au nom de Dieu. C’est la reconnaissance du fait qu’il n’y a qu’un seul pouvoir et qu’il est en nous. Le nom d’Israël signifie  : « que Dieu se montre fort ». Autrement dit « Que la puissance divine se manifeste et triomphe », c'est la "gloire de Dieu". Etre vraiment enfants de Dieu c'est manifester cette gloire.

Méditation :

Méditez 20 minutes sur l'énoncé suivant. Ne cherchez pas à le comprendre avec votre esprit logique. Laissez juste la phrase creuser son chemin en vous, comme un mantra

« Que ton nom soit sanctifié, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »

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